8 novembre 2011, 8 novembre 2025, 14 ans déjà que l’Adjudant-chef major Thomas Mbega Allou, militaire en service à Oyem, le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, a été froidement assassiné, au village Ebang, proche de Mongomo, en Guinée Équatoriale, selon une source familiale. Un drame dont les circonstances demeurent toujours inconnues, ce, malgré les nombreuses démarches initiées par les enfants du défunt et l’ensemble de la famille pour parvenir à la vérité.
À l’occasion de ce triste anniversaire, le 8 novembre courant, les enfants, veuves, oncles, tantes et neveux du défunt ont mis à profit ces moments de recueillement pour demander à nouveau que leur soit restitué le corps du militaire Thomas Mbega Allou. C’est d’ailleurs au cours d’une déclaration que les proches du défunt ont tenu à s’exprimer. Ils ont dénoncé le silence de la justice des deux pays depuis le déclenchement de cette affaire. Les plus hautes autorités des deux pays ont également été pointées du doigt, estimant que rien de concret n’est entrepris pour résoudre ce dossier. Une situation incompréhensible puisque, selon la famille du militaire, les présumés assassins seraient connus et que leurs noms ont été plusieurs fois cités. Ces derniers seraient des proches de la famille du président Équato-guinéen. Que cachent-ils dans cette affaire ? « Cherchent-ils à protéger les criminels parce qu’ils sont proches du cercle du président Équato-guinéen. Et la famille de Thomas. Ses enfants devenus orphelins, que pensent-ils d’eux ? », s’interroge un membre de la famille.
Retour sur les faits
Le dimanche 06 novembre 2011, Thomas Mbega Allou, en service à Oyem, profite d’une permission de sa hiérarchie pour se rendre au village Ebeng en Guinée-Équatoriale, pour assister aux obsèques de sa nièce décédée quelques jours plus tôt. Après l’enterrement de la dépouille, le lendemain, donc le lundi 07 novembre de la même année, le militaire devrait regagner Oyem pour reprendre le service. Sauf que l’Adjudant-chef major ne va pas effectuer le voyage comme prévu. Il va, curieusement, disparaître du village Ebeng. Sa famille, restée à Oyem, sera sans nouvelles de lui une semaine durant. Chose curieuse, dans la mesure où ce n’était pas dans les habitudes du militaire de garder le silence des jours durant.
Redoutant qu’il ne lui soit arrivé quelque chose, les proches du sous-officier tenteront d’en savoir plus. Il décide alors de convoquer une réunion à la suite de laquelle sera composée une délégation qui se rendra sur place en Guinée-Équatoriale. Là-bas, ils apprendront avec effroi la disparition de leur proche sans aucun détail. De retour à Oyem, les autorités militaires et civiles sont saisies de l’affaire, le 22 novembre de la même année. La nouvelle va ainsi faire le tour de la ville. Les populations, choquées, tenteront en vain d’en savoir plus. Mais la pression, exercée par ces derniers, conduira les autorités administratives, en tête desquelles le Gouverneur de la province du Woleu-Ntem de l’époque, Jean Gustave Meviame M’Obiang, à tenir une réunion avec son homologue équato-guinéen et quelques membres représentant la famille du défunt.
Au cours de cette réunion, la délégation gabonaise sera informée de l’assassinat dans des conditions effroyables du militaire. On dirait même que le corps avait été criblé de balles. Un complément d’informations indiquait que le dossier aurait été transféré à la juridiction de la ville de Bata, où les présumés assassins du militaire auraient été transférés. Selon d’autres sources, les présumés assassins seraient des militaires Equato-guinéens.
Réaction du gouvernement gabonais
Quelques jours après, les choses vont se préciser au pays. Dans un communiqué paru dans le quotidien gouvernemental l’Union du 07 décembre 2011, numéro 10799, le gouvernement gabonais annonce prendre acte de la situation. Le communiqué va également solliciter la patience et le calme des parents du défunt jusqu’au rendu des conclusions de l’enquête. Sauf que plusieurs mois, plus tard, aucune ligne ne va bouger. Mais un peu plus tard, les parents de Thomas Allou Mbela apprendront via un autre communiqué de la mise en place d’une commission bipartite (Gabon/Guinée-Equatoriale). Laquelle commission a pour objectif de suivre le traitement du dossier au tribunal de Mongomo. En dépit de la mise en place de cette commission, la famille du disparu n’aura toujours pas la dépouille de leur fils.
Acte de décès sans corps signé par l’administration gabonaise
Depuis quatorze ans, des zones d’ombre entourent cette affaire. Plusieurs questions n’ont jamais trouvé de réponses. Pire, sans en avoir eu le corps de leur père, les enfants du défunt disent détenir un simple acte de décès établi à Oyem et signé des autorités oyemoises, donc gabonaises. Curieux, pour un décès qui s’est déroulé dans un autre pays. Pourquoi avoir établi cet acte de décès au Gabon, alors qu’aucun parent du défunt n’atteste avoir vu la dépouille ? S’il est vrai que le corps a été inhumé, pourquoi l’avoir fait sans la présence des parents ?
Décidés de faire éclater la vérité, les proches du défunt ont à nouveau saisi la présidence de la République gabonaise.
