Situé à 5 kilomètres de Mimongo, le chef-lieu du département de l’Ogoulou, dans la province de la Ngounié, Seka-seka, fut un village mythique, très peuplé et connu pour son attachement à la culture gabonaise. Aujourd’hui, cette image rayonnante est dépeinte par le phénomène de l’exode rural, lequel sévit durement dans cette localité, occasionnant ainsi l’abandon de son école primaire qui fait également face à un manque criard d’enseignants.
Jusqu’à 2010, Seka-seka donnait encore l’image d’un village envieux, animé par l’engouement de ses habitants. Aujourd’hui, le constat est triste et amer. Le village ne compte plus que quelques maisons, prêtes à céder sous le poids de l’âge. Les quelques habitants qui y vivent sont en majorité du troisième âge. Quasiment impossible d’apercevoir l’ombre des jeunes, ces derniers ayant immigrés vers d’autres localités, surtout les grandes villes à la quête du bien-être social. « Ce village s’est transformé en campement. Il est devenu méconnaissable. Il n’y a presque plus personne. Ceux qui résistent encore de vivre ici, tel que moi, c’est simplement par amour pour ce village qui nous a vu naître », témoigne, Obiang, un jeune trentenaire.
À la recherche du bien-être, les jeunes qui animent ce village ont préféré opter pour l’aventure, dans l’espoir de voir s’ouvrir d’autres espaces d’opportunités. En plus de ce fait, nombreux, sont morts. Entraînés sois par le chagrin ou encore par la maladie, car le village est dépourvu de structure sanitaire équipée en médicament. Une situation qui remet en cause la politique gouvernementale liée à l’amélioration des conditions de vie des populations de l’hinterland.
Un système éducatif à bout de souffle
Le département de l’Ogoulou figure au premier rang des localités moins prises en compte par la politique concernant le système éducatif gabonais. Infrastructures en lambeaux, établissements abandonnés, c’est la réalité du tableau sombre dressé par les populations de cette localité, lesquelles dénoncent l’oubli de leur département. À l’instar de plusieurs établissements scolaires de la localité, l’école publique de Seka-seka, construite dans les années 1995 par les Américains du corps de la paix, cette infrastructure scolaire est devenue le refuge des hérissons, serpents et autres animaux, du fait du manque d’enseignants. Ce qui, en plus de l’exode rural a fini par favoriser le départ des apprenants vers d’autres localités plus attractives. « l’école de ce village est considérée comme opérationnelle. Sauf que nous n’avons pas d’enseignants engagés. Celui qui a été affecté ici, n’est jamais présent. Il brille par une absence inqualifiable. Ce qui a contraint certains parents à envoyer leurs enfants ailleurs. On ne peut pas accepter que l’enseignant viennent faire enseigner un seul jour dans la semaine », a indiqué un autre habitant de Seka-seka.
Un dossier brûlant, une épine dans le pied du gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema qui a intérêt à œuvrer pour non seulement le bien-être des populations de Libreville, mais également pour celles de l’arrière-pays.
